Georg Baselitz et Marcel Duchamp

Baselitz et Duchamp par Olivier Cenna

Il y a deux ans, dans les longs entrepôts de l’Arsenal, à Venise, l’exposition monotone de la Biennale, s’achevait sur huit grands tableaux du peintre allemand Georg Baselitz. Une admiration immédiate saisissait le spectateur tant le parcours précédant ces oeuvres s’était révélé rébarbatif. Huit gigantesques personnages nus inversés, blanchâtres, rehaussés çà et là de tons pastel (orange, mauve pâle, bleu ciel, jaune, rose…), se détachaient sur des fonds noirs. A l’aide d’un calame, Baselitz avait griffé leur peau en creusant dans la pâte épaisse de fins sillons ­laissant réapparaître la sous-couche sombre. Dans leur écrin octogonal, les huit tableaux de cinq mètres de haut, impressionnants, spectaculaires, témoignaient de la liberté et de l’enthousiasme de cet artiste, alors âgé de 77 ans. Pourtant, le temps passant, face à ces oeuvres, un sentiment de platitude avait fini par naître.[…]

Source: Telerama