Emmet Gowin, Edith Morris et au-delà

Emmet Gowin est un photographe assez singulier bien que son œuvre relève pour partie de la Photographie Objective dans sa vision américaine et de la Street Photography, pourtant en cultivant une photographie de l’intime il a ouvert une nouvelle voie que de très nombreux photographes ont depuis empruntée.

Le travail du photographe américain se scinde essentiellement en trois corpus ; l’un entièrement consacré à son environnement proche, notamment son épouse Edith ; l’autre, initié en 1975, composé pour l’essentiel de clichés de paysages ; enfin ces dernières années il s’est principalement dédié à l’étude documentaire des papillons, ce qui n’exclut pas des digressions photographiques. Entre ces trois pans de l’œuvre, apparemment assez éloignés, il y a pourtant un lien profond reposant sur l’idée d’empathie et de justesse d’attitude.

Emmet Gowin — issu d’une famille méthodiste du côté de son père et d’une mère fille d’un pasteur Quaker— est intiment imprégné par le sentiment du sacré et le désir d’être aussi authentique que possible dans son rapport au monde, qu’il s’agisse du monde immédiat de la famille ou de la Nature et la société. Il pratique la photo comme une forme de sanctification de l’expérience intérieure dans la recherche d’une « révélation spirituelle » par le truchement d’épiphanies photographiques.

Emmet Gowin dit — paraphrasant Harry Callahan, dont il a été l’élève de 1965 à 1967 — de l’instant photographique qu’il est comme une prière, une communion immédiate avec le modèle, l’objet du désir d’appuyer, à cet instant là, sur le déclencheur. Le pouvoir de séduction des images du photographe américain réside probablement dans la sincérité de son travail. L’œuvre de Gowin ne semble obéir à aucune démarche sérielle stricte, esthétisante ou solipsiste. Pourtant elle est artistiquement très reconnaissable et unique[…]


En savoir plus

Source : artefields.net