Gerhard Richter et Venise

Gerhard Richter, bien que tributaire du minimalisme et du Pop Art, n’a jamais fait du centre de son travail un décodage des signes à l’avenant du Pop Art qui ne représente pas mais décrypte, hybride, déracine, les codes de la société consumériste. C’est encore plus vrai des post Pop Art qui collent, mixent ou commentent, voire illustrent dans les cas les plus désespérés, notamment dans le registre de la peinture figurative (Bad Painting, Figuration Libre, Figuration Narrative, Trans-avangardia, et nombre de jeunes peintres contemporains).

Le minimalisme, dans son scepticisme radical à l’égard de la représentation et de la main de l’artiste, tente de réduire de manière quasi idéaliste les moyens de l’expression artistique. Or Richter, de ce dernier mouvement, retient surtout l’anti subjectivisme, une méfiance profonde pour le pathos, la sentimentalité et un rejet complet des dernières dépouilles esthétiques telles que le point de vue, la facture, le choix averti de l’artiste en somme toute forme de valorisation du sujet, dans sa valeur interne supposée comme dans sa mise en valeur par les effets de style.

Les débuts de Gerhard Richter sont donc profondément marqués par le désir méthodiquement canalisé de ne pas être personnel, équilibré, expressif. C’est là, aussi un sentiment qu’il partage avec son époque : le rejet de l’expressionnisme dans ses dérives idiosyncrasiques.

Le paradoxe est, que malgré cette approche sceptique à l’égard de la figuration, Richter continue de croire à l’intérêt de représenter. Ou plutôt, il est intimement convaincu de la validité de la Peinture comme médium de représentation sinon de figuration. Pour lui, comme pour tous les successeurs de Dada et Duchamp, il est admis que la peinture au même titre que d’autres moyens de représentation n’est pas une fenêtre sur le monde. Cependant cela n’invalide pas, selon lui, l’idée que le pictural est un langage possible pour évoquer notre approche du réel[…]


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Source : artefields.net