Jean-Baptiste Boyer, les anciens et les modernes

 

Jean-Baptiste Boyer, un jeune artiste peintre français de 27 ans, expose à la galerie Laure Roynette, un étonnant ensemble de toiles néo-réalistes à la dimension sarcastique assez réjouissante.

Entre Goya pour la lumière ainsi que la touche, Courbet pour les pénombres et les chairs picturales et Manet pour l’étrangeté de la présence physique des personnages, Jean-Baptiste Boyer dépeint un univers profondément libidinal quoique qu’artificiel et constamment décalé par les mises en scènes baroques qu’il élabore dans l’excès référentiel distancié.

Les portraits de ce jeune artiste peintre n’en sont pas vraiment. A l’instar d’un Michaël Borremans, il recherche la rupture par l’invraisemblance des situations empruntées à l’histoire de l’art et son cortège iconographique.

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Bergers veillant sur son troupeau, bourgeois bobo, vanités, pastorales, élégies, et natures mortes à la Chardin viennent peupler un univers sombre, théâtral et expressionniste. L’autre artiste peintre qui semble glisser son influence est, de ce point de vue, Adrian Ghenie. La violence capiteuse des chairs est de la même veine.

La mise en scène de ces jeunes gens modernes dans un contexte culturel du passé semble vouloir souligner les codes, les us et habitudes d’une catégorie sociale et d’une classe d’âge. Les paysages évoquant parfois ceux du Titien de la dernière période ne sont évidemment pas une représentation de la Nature, pas plus qu’ils ne l’étaient dans la peinture de la Renaissance. Le fond paysager est un état d’âme, un état de chose, un climat psychologique. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est torturé, chaotique. Ces êtres civilisés, jusqu’aux tatouages tribaux à la mode « rebelle », paraissent vains devant le désordre qui les guette en arrière-plan.

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Source : Artefields.net