Todd Hido, photographie, humeurs et variations

La photographie est depuis ses origines aux prises avec une dualité intrinsèque entre l’objectivité supposée et le parti pris subjectif. Le travail de Todd Hido, (né en 1968, à Kent, Ohio), se situe au sein de cet entre-deux, entre une approche documentaire et une « esthétique » de l’atmosphère et de l’étrangeté du quotidien. Le parcours du photographe américain est une forme de narration par suspension et suggestion.

La photographie est certes une reproduction mécanique du visible, mais l’œil qui cadre et décide du bref instant de la prise de vue est foncièrement subjectif et fragmentaire. Dès lors le partage entre la fonction documentaire et l’intersubjectivité — le moment empathique — voire l’imaginaire a pesé sur toute l’évolution de la photographie. La démarcation originelle sépare donc les pictorialistes de Marey ou Muybridge ; l’école de la Nouvelle Objectivité de Albert Renger-Patzsch des surréalistes, etc.

Todd Hido oscille entre ces deux pôles, il pratique des prises de vues, (au Pentax 6 x 7), sans mise en scène — sinon le cadrage —ni retouches lourdes à la Gursky. Il part donc d’une base documentaire, notamment sur le suburbain, mais avec le projet délibéré de trouver un contexte propice à suggérer une humeur, une atmosphère, souvent très cinématographique, susceptible d’amener une narration de « l’avant », sur ce qui a précédé ce moment d’étrangeté et qui permettrait d’en saisir précisément le mystère. Tout le travail de Todd Hido relève du « ça me fait penser à ça ! »[…]

En savoir plus


Photographies : © Todd Hido

Source : artefields.net