Farah Atassi, le modernisme comme ornement

Farah Atassi, figures et ornements

Depuis que Farah Atassi a quitté la peinture descriptive d’espaces désolés aux connotations narratives inspirées de photographies de maisons communautaires russes, la méthode employée se répète immuablement. Une technique qui tient lieu de procédure et où l’objet de la pratique est la praxis même de la peinture dans sa singularité (picturalité).

Farah Atassi commence par un dessin perspectiviste, aux fuyantes fréquemment très accentuées. Les prémices sont donc illusionnistes, ils simulent la profondeur sur une surface plane. Ensuite, selon une grille distribuée uniformément sur le plan de la toile l’artiste applique, on pourrait même dire, appose un motif récursif. L’itération ornementale en « all over » nie donc l’espace perspectiviste. La planéité du plan pictural est comme projetée indifféremment jusqu’à parvenir à des distorsions visuelles inévitablement proches de l’Op Art, ou à l’image des projections de Georges Rousse et rappelant quelque-fois les découpes en aplat de Gordon Matta Clark.

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Les œuvres de Farah Atassi sont comme des anamorphoses où le point de vue est, par conséquent, déjà fixé sur la toile. Ce qui constitue un paradoxe ! En effet, en surimposant des figures ornementales en deux dimensions sur une construction simulant les trois dimensions, Farah Atassi annule par contamination la toile comprise comme « veduta », pourtant dans le même temps l’effet de projection suggère un point de vue anamorphique impliquant la profondeur[…]

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Paru la première fois sur artefields.net