Baptiste Rabichon la photographie comme térritoire

La première chose qui « frappe» concernant Baptiste Rabichon — ce jeune plasticien-photographe français — c’est l’hétérogénéité, pour ne pas dire l’impression d’un art hétéroclite. Un authentique « pot-pourri» exhalant la sensualité et les fleurs de synthèse. L’explorateur Baptiste Rabichon transgresse benoîtement, sans provocation, les frontières, plus établies qu’il peut y paraître, des arts visuels. Il franchit, en particulier, le Rubicon qui sépare encore l’art de l’artisanat, la façon et la facture de la création ou conception.

Le « technicien » ne fait pas être quelque chose il actualise ce qui est potentiellement dans le matériau, dans les limites de ce que peut l’outil ou le système de connaissance à disposition. La technè assemble et transforme, elle ne crée pas ex nihilo, elle n’est pas strictement poièsis, conception, création, invention intellectuelle, mais élaboration à partir d’un savoir.

Or Baptiste Rabichon fait de la poièsis avec de la technè. Il « joue », voire « surjoue » les techniques et par là même invente en particulier parce que sa technè est dénuée de toute finalité « pratique». Le « but» et la praxis du plasticien français est de « jouer » avec les « manières de faire » , sa pratique est tautologique. En effet, son « intention » ne semble pas aller au-delà d’un jeu quasi sophistique d’inversion des catégories pour le simple plaisir de « pratiquer» une dialectique brouillant les antinomies. Tout est possible chez Baptiste Rabichon, le principe de réalité est forclos, l’obscurité devient par exemple la blancheur du négatif; les balcons-fenêtres ne dérobent pas mais abondent visuellement; les caches photographiques deviennent des « réserves picturales» à la Giuseppe Arcimboldo qui pollinisent le cadre[…]

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Source : artefields.net

Paru la première fois sur artefields.net : Baptiste Rabichon le geste et la photographie