Talia Chetrit examine l’Origine du Monde

Talia Chetrit et l’Origine du Monde

La jeune photographe américaine Talia Chetrit (née à Washington DC en 1982, elle vit et travaille à New York) fait graviter son travail autour de la notion d’intimité, de vie privée à l’ère d’Instagram et de l’egoportrait. Elle applique fréquemment cette problématique de manière littérale, en pratiquant le portrait narcissique avec miroir ce qui induit d’office la mise en abîme sur la pierre d’achoppement de l’itération. Sur bien des points son travail est à situé dans le domaine de la photographie conceptuelle à mi-chemin de Francesca Woodman, Cindy Sherman et Vanessa Beecroft. On peut également déceler de nombreux hommages aux grandes figures du féminisme de l’art moderne, notamment Valie Export, Ana Mendieta et Carolee Schneemann.

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Talia Chetrit épaissit le propos en se mettant en situation d’Origine du Monde.  En effet, elle est fréquemment son propre modèle et prend la pause en pastichant les images des autofictions telles qu’on les trouve sur Facebook ou Instagram. Elle introduit néanmoins l’incongruité en exposant au premier plan sa vulve dans des contorsions parfois inspirées de la pornographie ou des selfies sirupeux des bimbos du web. En outre, le rappel constant du sulfureux tableau de Gustave Courbet met en exergue l’occultation des femmes derrière les images de la “féminité” et de l’érotisme conventionnel.

L’autoportrait nue en posture d’Origine du Monde, comme une source ou un retour de l’image à son origine, trouble définitivement les catégories rassurantes prétendant isoler l’intimité privée du regard narcissique publique[…]

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Paru la première fois sur artefields.net