Antoni Gormley, la sculpture et le topos

Antoni Gormley, topos et sculpture

Avec Antony Gormley la sculpture n’est ni moderniste (réduite à la spécificité de son medium), ni narrative (historique, idéalisante, idéologique), pas davantage expressive, car ses sculptures ne sont pas des objets (pleins ou vides, expressifs, en mouvement ou statiques) mais des évènements et des singularités.

Au même titre que Richard Serra la production du sculpteur anglais ne se comprend, la plupart du temps, qu’in situ. Mais alors que le sculpteur américain pose ses pièces à l’image d’une effraction qui perturbe et interroge, Antony Gormley à l’instar d’Anish Kapoor recherche un rapport d’interaction. L’artiste anglais demeure cependant un sculpteur, il n’est pas plasticien, ne relève pas non plus strictement du Land Art.

Les sculptures “phénoménologiques” d’Antony Gormley sont des marqueurs neutres. Elles n’expriment pas, ni ne provoquent, elles constituent des points dans un espace social et physique aux dimensions multiples. Elles s’inscrivent de par leur durabilité et leur “ponctualité” dans la relation espace-temps de la physique moderne, mais aussi dans un champ intellectuel se rapprochant du bouddhisme.

Antony Gormley a alterné tout un ensemble de déclinaisons d’une lecture possibles des champs de réalité, où le corps n’est pas un en soi mais une enveloppe transitoire, un état physique, le vecteur temporaire d’une conscience liée au corps sans que celui-ci lui appartienne en propre. Cela a donné lieu, entre autres, aux résilles qui sont comme des matrices constitutives de notre réalité physique (subatomique).

Il a aussi décomposé les figures gymniques du corps humains, des « statures » géométrisées en cubes ou en structures filaires, une manière presque narrative d’exprimer l’idée que sous la forme il y a des états d’énergie

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Paru la première fois sur artefields.net