Blu un pur et dur du street art

 

Blu le street artist pessimiste et ombrageux

Blu est un “street artist” d’origine argentine né en 1980 à Bologne où il vit et travaille. Comme d’autres artistes urbains il a choisi l’anonymat et fuit la Presse, ce qui lui a valu le surnom de Banksy italien. Sa carrière a pris son plein essort avec le court métrage “Muto” (2008) qu’il réalisa à partir de ses fresques animées pour l’occasion.

Les œuvres de Blu son souvent monumentales et traitent la plupart du temps des misères de l’âge post-moderne en particulier des méfaits du néo libéralisme débridé. Il est surtout préoccupé par l’aliénation sociale notamment quand les classes défavorisées intériorisent le modèle consumériste qui vaut alors comme identification. Un asservissement que beaucoup d’autres “street artist” dénoncent qu’il s’agisse de Banksy, Cordal ou Katre.

L’univers de Blu est peuplé d’êtres aux formes hybrides. Ils sont soumis à des altérations physiques et des transformations monstrueuses réflétant une vision péssimiste du monde. De nombreux autres symboles récurrents appuient sa dénonciation du capitalisme sauvage: les montres menottes, les voitures enchainées, les multitudes anonymes, les cravates et costumes portés comme des corsets, etc.

La parenté stylistique est assez proche de Crumb ou Moebius. On note la même schématisation, des aplats qui ne prennent de volume que par le cerne et évidemment tous les jeux de transformation fantastiques specifiques à ces deux grands noms de la bande dessinée.

Blu a souvent fait preuve d’une certaine radicalité en particulier lorsqu’il entreprit, en 2016, d’effacer vingt années de son travail dans sa ville natale. En effet la ville de Bologne à l’occasion d’une exposition consacrée à l’art urbain avait décidé, sans le consentement des artistes, de protéger ce “patrimoine” (très spéculatif) en le prélevant des murs à des fins de conservation.

Glu a agit de même à Berlin lorsqu’il constata qu’une de ses gigantesques fresques servait la spéculation immobilière.